Le Cameroun attend en mai 2026 plus de 1,6 milliard de FCFA de riz et de blé chinois

Le Cameroun devrait recevoir en mai 2026 une cargaison de riz et de blé en provenance de Chine, dans le cadre d’un don alimentaire évalué à plus de 1,6 milliard de FCFA. Annoncée fin avril par les autorités chinoises, cette aide doit être acheminée vers le port de Douala, selon les échanges tenus le 27 avril entre le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, et l’ambassadeur de Chine au Cameroun, Xu Yong.

D’après les autorités camerounaises, la cargaison comprend environ 1 630 tonnes de riz et 880 tonnes de blé. Les modalités d’acheminement et de distribution ont figuré parmi les principaux sujets abordés lors de cette audience. Les bénéficiaires finaux de ce don n’ont toutefois pas encore été officiellement précisés.

Une aide alimentaire sur fond de dépendance aux importations

Cette aide intervient dans un contexte de forte dépendance du Cameroun aux importations céréalières, en particulier pour le riz, devenu l’un des produits alimentaires les plus consommés dans le pays. Portée par la croissance démographique, l’urbanisation et l’évolution des habitudes de consommation, la demande reste élevée aussi bien dans les grands centres urbains que dans de nombreuses localités de l’intérieur. Malgré les efforts engagés pour stimuler la production locale, l’offre nationale demeure insuffisante pour couvrir les besoins.

Selon le Rapport sur le commerce extérieur en 2024 publié par l’Institut national de la statistique (INS), la Chine occupait le quatrième rang des fournisseurs de riz du Cameroun avec 10,2 % de part de marché. Le Pakistan arrivait en tête avec 36,6 % des importations, devant l’Inde, à 23,9 %. Au-delà du riz, la Chine restait en 2024 le premier fournisseur global du Cameroun, avec 22,2 % de l’ensemble des importations. Dans le même temps, elle est devenue le deuxième client du pays, notamment grâce aux exportations de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié.

Le don annoncé par Pékin s’inscrit ainsi dans une relation économique bilatérale déjà dense. Présentée par les autorités camerounaises comme un geste de solidarité, cette aide soulève néanmoins plusieurs questions, notamment sur ses bénéficiaires effectifs et sur son impact réel dans un pays confronté à la hausse des prix alimentaires et à des difficultés d’approvisionnement dans certaines zones fragilisées par l’insécurité et les déplacements de populations.

Pour plusieurs observateurs, cette cargaison apporte un soulagement ponctuel, sans répondre aux fragilités structurelles du pays en matière de souveraineté alimentaire. Le Cameroun continue en effet de dépendre largement des marchés extérieurs pour satisfaire sa consommation de céréales, alors même qu’il dispose d’un important potentiel agricole.

Au cours de l’audience du 27 avril, Paul Atanga Nji a exprimé, au nom du président Paul Biya, la gratitude du Cameroun envers la Chine. Le ministre a également assuré que les équipes chargées de la logistique et de la distribution étaient déjà mobilisées afin de permettre une mise à disposition rapide des produits après l’arrivée de la cargaison à Douala. À ce stade, les zones prioritaires de distribution n’ont pas encore été rendues publiques.